• post 542

     

    Comme je vois que j'ai encore qq visites, un petit polar (sans prétention) en 71 très courts paragraphes

     

     

     

     

    Balle funeste

     

     

     

     

     

     

     

    1-J’ai pressé la détente. J’ai tiré au jugé. Elle m’a souri avant de s’affaler. J’ai dû la toucher au cœur car ses jambes ont cédé d’un coup. Par réflexe, je me suis précipité pour lui retenir la tête, qu’elle ne se fracasse pas sur le carrelage. C’était vraiment une belle femme.

     

     

    2- J’étais partagé entre tristesse et satisfaction du devoir accompli. J’avais craint de grands jets de sang mais non. C’était du bon boulot. Hémorragie interne j’ai supposé, je ne suis pas toubib et c’était mon premier meurtre. La femme gisait sur le côté. Morte elle restait très élégante.

     

     

    3- J’ai observé le flingue, j’ai lu : Pietro Beretta made in Italy. Un chouette objet, très féminin. Je l’ai reniflé, ça sentait bien la poudre. La balle n’était pas ressortie.Je m’étais posé la question : est-ce que la balle allait la traverser ? J’ai caressé doucement ses cheveux.

     

     

    4- J’ai fourré le pistolet dans ma poche de veste. J’avais la bouche sèche. J’ai ouvert un robinet et j’ai bu directement au jet. J’ai jeté un dernier regard vers la femme, je l’ai salué d’un geste de la main. J’ai quitté la cuisine, atteint l’immense hall.

     

    5- J’ai été tenté de prendre l’escalier monumental et de visiter le premier. Mais j’ai ouvert la porte d’entrée puis traversé le parc. De hauts murs, de grands arbres, une telle bâtisse à quelques pâtés de maisons du centre ville devait coûter une fortune.

     

     

    6- J’ai relevé mon col, bien enfoncé mon chapeau. J’ai entrouvert le lourd portail et jeté un coup d’œil dans la rue. Elle m’a paru déserte, on était entre chien et loup, je ne risquais pas grand-chose. Je suis sorti tranquillement.

     

     

    7- J’ai refermé le portail et j’ai marché tête baissée sur le trottoir. J’ai entendu un bruit derrière moi. J’ai pensé qu’un type sortait sa poubelle, J’ai accéléré le pas. J’ai marché un bon moment avant d’atteindre le canal. J’ai suivi la berge puis pris l’ancien chemin de halage.

     

    8- Je n’entendais plus les bruits de la ville. Il commençait à faire sombre. Je me suis approché du bord. Le sol était spongieux. J’ai attendu deux bonnes minutes sans rien entendre. J’ai pris le pistolet en main et l’ai lancé le plus loin possible visant le milieu du canal.

     

    9- J’ai perçu un plouf discret. J’ai farfouillé au sol pour trouver une pierre, j’en ai déterrée une de belle taille. J’ai enlevé mon chapeau, mes gants. j’ai placé les gants et la pierre dans le chapeau que j’ai roulé en boule.

     

     

    10- J’ai sorti de ma poche le bout de ficelle que j’avais préparé et lié le tout. J’ai pris mon élan et balancé le paquet à la baille. Je suis reparti en direction de la ville. J’ai retrouvé les quais puis les rues plus passantes. J’ai marché sans relever la tête.

     

     

    11- Je me suis surpris à siffloter besame mucho. Me rappelant que je venais de tuer une femme, j’ai continué en silence jusqu’à mon immeuble. J’ai grimpé les étages à pied, devant ma porte j’ai enlevé mes chaussures. Je suis entré dans mon studio. Je les ai mises dans un sac plastique.

     

     

    12- J’ai posé ma veste, enfilé un blouson, remis des chaussures propres, et je suis ressorti. J’ai appelé l’ascenseur. Je me suis à nouveau surpris à siffloter. J’ai rejoint le bar où j’ai mes habitudes. Greg et Jo étaient déjà attablés. On s’est salués. Je me suis assis à leur côté et j’ai commandé une bière.

     

     

    13- Peu après Steph est arrivé. C’était parti pour une soirée de poker et de boustifaille jusqu’après la fermeture. Je n’étais pas de service la nuit était à moi. J’ai perdu un peu de fric j’avais la tête ailleurs. On s’est quittés vers une heure du matin, en passant par derrière, selon nos habitudes.

     

    14- Je me suis levé sur les coups de onze heures, bu un café, mangé quelques toasts, j’ai foncé chez le buraliste. J’ai acheté le journal local, ils n’avaient pas perdu de temps. En UNE : MEURTRE en centre ville, Madame Delaunay abattue chez elle.

     

     

    15- Je parcourais la suite : la femme du grand banquier, tuée net par balle, pas d’effraction, pas de vol, pas de viol…un règlement de compte, un contrat, un amant éconduit, la police n’écartait aucune piste… La litanie habituelle, ils n’avaient rien, aucun indice.

     

     

    16- Je passai à l’épicerie puis remontai chez moi. Je lisais l’article en entier, rien de bien concluant. La journée se poursuivit en douceur. J’ai pris le temps de nettoyer à fond mes chaussures, j’ai brossé mon bas de pantalon par précaution. Je me suis repassé le film de mes actions tout était parfait.

     

     

    17- Le soir venu, je préparai mes affaires, thermos de café, casse croûte, journal… mis mon sac sur l’épaule et pris mon itinéraire habituel. La nuit tombait. Place Foch je levai la tête en direction de l’imposante façade, le nom s’affichait en grosses lettres lumineuses : Banque Delaunay.

     

     

    18- J’approchai de l’imposante porte d’entrée, appuyai sur le bouton de l’interphone et me reculai. Un spot s’alluma, je levai le pouce, tout était OK. Un déclic, la petite mais lourde porte de côté s’ouvrit, je pénétrai dans le sas, la porte se referma. Un déclic la deuxième porte s’ouvrit. J’entrai.

     

     

    19- Je pris une mine de circonstance et saluai le vigile d’un : bonsoir Louis. On se serra la main. On évoqua immédiatement l’horrible drame. Une femme si belle et tellement élégante. Le patron, Monsieur Delaunay devait être effondré. Louis semblait sincèrement touché.

     


    20- J’ai rejoint mon local, j’ai posé mes affaires sur le lit de camp, j’ai jeté un œil sur chaque écran tout était en ordre. J’ai ouvert à Louis. Il est parti, j’ai surveillé sa sortie. J’étais peinard pour toute la nuit dans cette grande bâtisse. J’ai déclenché l’alarme. J’étais seul maître à bord.

     

     

    21- Je me suis servi un café. Pour l’instant je n’avais pas faim. Une décharge de joie m’a traversé. Je venais de penser à l’enveloppe et aux cinquante mille euros. La nuit s’est écoulée comme d’habitude sans incident. J’ai dormi un peu. Au matin, j’ai pris une douche dans la petite salle de bain à ma disposition.

     

     

    22- Louis a sonné, j’étais frais et dispos. Je l’ai regardé sur l’écran, j’ai vérifié qu’il était seul et j’ai ouvert. On a échangé quelques mots sur l’affaire, il m’a dit que l’ensemble du personnel serait certainement convoqué par la police.

     

     

    23- Je suis rentré chez moi. Je n’avais aucune crainte. Je n’avais croisé Julie Delaunay que deux ou trois fois, à l’époque où j’avais remplacé Louis. Je n’ai pu m’empêcher de recompter mes billets. J’allais les utiliser pour mes dépenses courantes pour ne pas éveiller l’attention. Au cas où…

     

     

    24- J’ai pris 200 euros, j’ai emballé l’enveloppe dans un plastique et je l’ai fixée avec du scotch sous un tiroir de la commode. En attendant de trouver mieux. La semaine s’est écoulée apportant son lot de nouveautés. Je suis allé aux obsèques. J’y ai retrouvé des potes du personnel de sécurité.

     

     

    25- La foule débordait sur les trottoirs. Un enterrement cinq étoiles. J’avais participé à l’achat d’une magnifique couronne mortuaire. Cadeau du personnel. J’ai été entendu par un flic mais j’avais peu de chose à dire. Je ne connaissais les Delaunay que de vue. Vous imaginez un simple surveillant.

     

     

    26- Je prenais le journal tous les jours. J’avais dit au buraliste que je travaillais chez Delaunay. Il courait le bruit que le mari n’était pas blanc bleu. Les rumeurs ont commencé à enfler. Le ménage battait de l’aile, Delaunay avait une maîtresse, mais Julie était la seule propriétaire de la banque.

     

     

    27- Puis la bombe a explosé : Mme Delaunay était atteinte d’un cancer foudroyant, elle n’avait plus que quelques semaines à vivre. Un matin, parcourant l’article en une, j’ai senti un froid terrible m’envahir, mes jambes ont failli me lâcher. Le buraliste me regardait surpris.

     

     

    28- Je l’ai rassuré, une petite crise d’hypoglycémie. Chez moi, je me suis affalé dans le canapé, j’étais en nage. L’enquête avait fuité : un voisin des Delaunay sortant sa poubelle avait vu un homme sortir de chez eux à peu près à l’heure correspondant au meurtre.

     

    29- Un type assez grand, mince, avec chapeau et col relevé, il n’avait pu voir son visage, l’homme semblait d’abord peu pressé puis avait accéléré d’un coup. L’émotion passée, je me rassurais, ils n’avaient rien, strictement rien qui pouvait les mener jusqu’à moi. Un homme plutôt grand et mince c’est banal.

     

     

    30- Tout à coup, un souvenir me revint en force, j’allumai mon pc et lançai une recherche. Je trouvai quelques photo de Jean Delaunay. Sur plusieurs d’entre elles, il portait un chapeau, dans le même style que celui que j’avais utilisé. Et mon idée se confirmait : nous avions la même silhouette !

     

     

    31- Je fouinai sur tous les sites d’information. Il y avait de nombreux articles sur l’affaire mais tous répétaient les mêmes choses en boucle. Tout à coup une phrase me transperça : le voisin avait pensé en voyant l’inconnu que c’était Mr Delaunay quittant son domicile en toute discrétion.

     

     

    32- On apprenait que l’enquête se focalisait sur le Grand ainsi qu’on surnommait Jean Delaunay. Évidemment cela ne tenait pas debout. Le Grand aurait assassiné sa femme puis serait sorti tranquillement faire un tour. Ce ne pouvait être que de la poudre aux yeux pour occuper les médias.

     

     

    33- Les jours s’écoulaient. Je bossais chaque nuit, récupérant dans la journée ; un soir par semaine je tapais le carton avec mes potes. Un jour, ne tenant plus, je contactai une fille, sur un site spécialisé. Une jolie petite qui me reçut chez elle. J’avais tapé dans ma liasse.

     

     

    34- Cette heure de détente et de plaisir me fit le plus grand bien. La petite était douce et souriante ; je me promis de revenir la voir.

     

    Un soir, je faisais le tour des médias sur le net quand tout à coup un article me glaça le sang. Je dus le relire à deux fois tellement ma vue se brouillait.

     

    35- Un marinier qui remontait le canal sur sa péniche avait senti quelque chose au bout de sa gaffe et l’avait remonté. Un chapeau et des gants. J’étais stupéfait, anéanti. Ça ne pouvait exister une poisse pareille. L’article disait que le paquet avait dû dériver et s’était retrouvé dans cette zone de haut fond.

     

    36- Le marinier zélé avait pensé que la police pourrait être intéressé sans se douter qu’il allait devenir une gloire régionale avec sa découverte. Je partis prendre mon service. J’essayai de faire bonne figure devant Louis. Il était déjà au courant. Il se passionnait pour l’affaire, lui aussi !

     

    37- Il m’acheva d’un : paraît qu’ils vont draguer le canal pour rechercher le flingue. Puis à mi-voix : tu le répètes pas mais je suis sûr que c’est le Grand. Selon ses sources, Delaunay héritait de la totalité de la fortune de sa femme. Je fus obligé de lui faire remarquer que sa théorie était absurde.

     

    38- Pourquoi tuer sa femme alors qu’il lui suffisait d’attendre quelques temps. Il prit un air de conspirateur avant de m’expédier le coup de grâce : Figure-toi que trois jours après le soir du meurtre ils devaient signer l’acte de divorce. Il était quasi ruiné. C’est pas un motif ça ? Je l’aurais presque embrassé.

     

     

    39- Je continuais à voir la petite. Elle se faisait appeler Natacha. Elle me plaisait de plus en plus. Nous passions d’agréables moments.

     

    Quelques jours passèrent puis un soir au 20h en ouverture du journal le procureur prit la parole c’était son moment de gloire.

     

    40- Le pistolet avait été retrouvé, un Beretta et tenez-vous bien : il appartenait à Julie Delaunay. Offert par son mari. Un bel engin léger et précis.Il annonça que Jean Delaunay avait été mis en examen. J’étais stupéfait. Soit il était accusé du meurtre soit il l’avait commandité.

     

    41- Le piège se refermait sur lui. Je nageais en pleine béatitude. Rien ne pouvait mener les enquêteurs jusqu’à moi. Moi seul connaissait le coupable ! Je voyais Natacha régulièrement, pour une fois que j’avais de l’argent. Je m’étais entiché d’elle. Son jeune corps parfait me comblait.

     

    42- Je présumais que l’affaire se solderait par un non lieu. Il n’y avait aucune preuve contre Delaunay. Seulement un faisceau de présomptions…

     

    Ma vie se poursuivait entre mes veilles de nuit, mon poker et mes après-midis chez Natacha. Elle semblait tenir à moi.

     

    43- Je lui avais proposé trois mille euros pour qu’elle cesse de voir d’autres hommes. Elle avait accepté en me sautant au cou comme une gamine. On était sortis ensemble pour une ou deux heures de shopping. La différence d’âge ne semblait pas la déranger. Et puis je la gâtais.. 

     

    44- Delaunay avait été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortie du territoire. Évidemment il clamait son innocence. D’après les médias l’enquête s’orientait vers la recherche d’un complice, un homme de main qui aurait abattu Julie Delaunay.

     

    45- On recherchait un homme plutôt grand et mince ce qui aurait abusé le voisin sortant ses poubelles. Un malfrat, un habitué des armes à feu. Je me sentais en sécurité car à part ma taille rien ne menait à moi. Le seul élément gênant était l’enveloppe avec le fric.

     

    46- Lors d’une visite chez Natacha, je lui montrai la liasse de billets. Je lui expliquai que je l’avais gagnée au poker dans une partie privée. Je lui proposai de garder l’argent, il y avait de quoi vivre une année sans trop se priver. Elle accepta et nous fîmes l’amour tendrement.

     

    47- Il avait fallu que j’enlève la vie à une femme pour en trouver une autre. Il faudrait que je paie d’une façon ou d’une autre mais pour l’instant j’étais heureux. L’enquête, comme je l’avais prévu, piétinait. Le fameux homme de main ne montrait pas le bout de son nez. Il devenait impossible d’inculper Delaunay.

     

    48-J’avais emmené Nat en week-end à la campagne. On filait le parfait amour. Et étonnamment elle se prénommait réellement Natacha. Elle me plaisait et question sexualité je n’avais rien à lui apprendre. Je profitais à fond de cette chance sachant que je n’allais être qu’une parenthèse dans sa vie.

     

    49- Tout à ma nouvelle vie, j’oubliais de jour en jour l’affaire Delaunay. Pourtant certaines nuits, il m’arrivait encore de me réveiller en sursaut. Je voyais Julie Delaunay me sourire et s’effondrer sur le carrelage blanc. Je n’arrivais pas retenir sa tête et elle cognait le sol lourdement.

     

    50- Un soir que je prenais mon service, Louis me demanda si j’étais au courant de la nouvelle. Devant mon air surpris il se rengorgea et annonça… La police allait procéder à des tests ADN sur des hommes d’à peu près la taille du Grand dans son entourage plus divers suspects.

     

    51- Je regardais Louis interloqué. Il souriait goguenard et fit : tu vas certainement y avoir droit ! Moi pas ! Il est vrai qu’il devait peser dans les 100 kg. Je n’étais même pas inquiet, j’avais pris mes précautions et je ne voyais vraiment pas où j’aurais pu laisser des traces de mon ADN.

     

    52- Pendant ma veille je récapitulais toutes mes actions. J’avais enfilé mes gants dès l’entrée au portail et ne les avais enlevés qu’au bord du canal. La police ne trouverait pas le coupable et je pouvais poursuivre ma lune de miel avec Natacha. Peut être un jour faudrait-il que je lui raconte…

     

    53- J’avais croisé Julie Delaunay à la banque une fin d’après-midi où j’avais remplacé Louis qui avait des soucis de santé. Belle femme m’étais-je dit. Nos regards s’étaient croisés, elle avait semblé me jauger de la tête au pied. Je m’étais senti à la fois surpris et flatté.

     

    54- Elle m’avait souri puis s’était excusée : pardon, je crois que c’est la première fois que je vous vois ! Je lui avais expliqué ma présence ici. Étrangement, je la revis le lendemain. Nous étions seuls dans le hall, elle me tendit une carte de visite en murmurant : soyez discret.

     

    55- Le lendemain au milieu de l’après-midi je me trouvais à l’endroit indiqué au dos de la carte de visite. Sous une estacade en périphérie. Une berline aux vitres teintées se gara, je m’approchai puis m’installai aux côtés de Julie Delaunay. Elle roula un moment puis stoppa.

     

    56- Je l’écoutai un long moment en silence, d’abord curieux puis incrédule. Elle termina par ses mots : réfléchissez et retrouvons-nous ici. Ce que je fis. Pour notre seconde entrevue j’avais préparé tous mes arguments pour refuser sa proposition. Et puis j’avais craqué.

     

    57- De près je voyais les premiers dégâts de sa maladie et elle était si persuasive. Tellement belle et triste à la fois. J’acceptai tout comme dans un rêve. On se revit encore deux fois. Elle me demanda de lui faire l’amour sur la banquette arrière, sur un plaid. Elle jouit le visage en larmes.

     

    58- J’avais été convoqué pour le test ADN, je m’y étais rendu tout à fait détendu. J’attendais les résultats sans aucune appréhension. Il me semblait que je rendais Natacha heureuse. Elle riait souvent et prenait depuis quelques jours des mines de conspiratrice.

     

    59- Un matin, je fus réveillé en sursaut, on cognait à ma porte. Je me levai et allai ouvrir. Deux types étaient sur le palier. Je sus à l’instant que c’était fini. Ils m’emmenèrent au commissariat, d’une certaine façon j’étais soulagé mais je ne comprenais pas.

     

    60- Un type trapu, le commissaire en personne, me posa quelques questions puis voyant mon incompréhension lâcha : le plaid, vieux, le plaid ! Ils avaient retrouvé mon ADN sur le plaid de la voiture de Julie, en avaient conclu que j’étais son amant et que je l’avais abattue lors d’une dispute.

     

    61- J’avouais tout. Presque tout. Oui j’avais été son amant. Non, on ne s’était pas disputé. Elle m’avait demandé elle même de la tuer. Bien-sûr, j’avais refusé. Mais elle souffrait tellement. Elle m’avait dit que ce serait une preuve d’amour. J’avais flanché.

    62- Je m’étais rendu chez elle j’avais appuyé sur la détente et fin de l’histoire. C’était une femme formidable avais-je ajouté. Le procès avait eu lieu. Mon avocat, brillant je dois dire, avait mis en avant cette belle histoire d’amour et de sacrifice. Les jurés y avaient été sensibles.

     

    63- J’avais écopé de 5 ans. Quatre ans s’étaient écoulés. Je sortais dans quelques jours. J’avais tenu le coup grâce à Natacha. Elle avait suivi mon procès. J’avais vu son ventre s’arrondir. Elle venait me voir régulièrement à la prison d’abord seule puis avec notre fils.

     

    64- Elle avait repris son métier de coiffeuse et élevait seule notre enfant. Quelle chance j’avais eu de trouver cette jeune femme extraordinaire. Dès ma sortie, je chercherai du travail et je me consacrerai à ma femme et à mon fils. Nous nous étions mariés en prison.

     

    65- Elle m’avait admiré d’avoir eu le cran de tuer une femme par amour. Bien sûr elle ne saurait jamais la vérité sur l’argent et le reste. Julie m’avait donné l’enveloppe avec les 50 000 euros et toutes les instructions que je devais suivre à la lettre.

     

     

    66- Elle m’avait indiqué comment me vêtir, donné la configuration de sa maison. Je comprenais qu’elle m’avait choisi car j’avais la même stature que son mari, Elle comptait le faire accuser car il la trompait ouvertement. J’avais été son bras armé ! Cela aurait pu marcher !

     

    67- Nous nous étions retrouvés dans la cuisine, je l’avais embrassée, puis serrée contre moi, j’avais pris l’arme déjà chargée, m’étais éloigné. Comment ai-je pu tirer je me le demande encore ? D’une certaine façon elle m’avait entraîné dans son délire. Ou était-ce l’appât du gain ?

     

    68- Le jour de ma sortie est enfin arrivé. Je m’étais entendu avec Natacha, je ne voulais pas qu’elle vienne, je préférais la rejoindre. Devant la prison, je respire un grand coup, il fait beau, le soleil est éclatant, je dois fermer les yeux un moment.

     

     

    69- Je les rouvre sentant une présence. Un homme se tient là : je suis le chauffeur de Mr Delaunay il voudrait vous parler. Je le suis jusqu'à la voiture. Nous parlons surtout de Julie. Oui elle était vraiment une femme exceptionnelle. Nous nous comprenons à demi-mots.

     

    70- Il avait dû beaucoup aimer sa femme. Pour la deuxième fois de mon existence je lui serre la main. Je quitte sa voiture.

     

    Je frappe. Natacha vient m’ouvrir et me dit : pourquoi tu frappes ? Tu es chez toi ! Je l’embrasse amoureusement.

     

     

    71– Le petit garçon qui est mon fils d’abord un peu intimidé de me voir ailleurs qu’au parloir de la prison court se jeter dans mes bras. J’ai une famille. Je ne regrette rien. Je tapote dans ma poche de veste la liasse de billets que m’a remise Delaunay. La vie reprend…

     

     

     

     

     

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